Le taux de chômage remonte
2ᵉ trimestre 2026 — France (hors/avec Mayotte selon série), CVS
8,3 %
Ensemble — +0,2 pt /trim.
2,1 %
Chômage longue durée
4,4 %
Halo autour du chômage (15-64 ans)
75,4 %
Taux d'activité 15-64 ans
Le taux de chômage est au plus haut depuis le T3 2020 (effet Covid) et le T3 2019 hors crise sanitaire, mais reste 2,2 points sous le pic de mi-2015 (10,5 %).
Source : Insee, Informations rapides n° 192, 7 août 2026 (enquête Emploi, données CVS).
Hommes / Femmes
T2 2026
Les taux hommes/femmes ont fortement convergé depuis les années 2010 ; l'écart reste faible (0,3 pt au T2 2026).
Source : Insee, Informations rapides n° 192, 7 août 2026.
Taux de chômage par âge
T2 2026, France entière
15-24 ans : 21,6 % (+2,5 pt/an)
25-49 ans : 7,5 % (+0,5 pt/an)
50 ans + : 5,5 % (+0,7 pt/an)
Source : Insee, Informations rapides n° 192, 7 août 2026.
Détail par âge et sexe
T2 2026, en % de la population active
| Tranche d'âge | Ensemble | Hommes | Femmes |
|---|---|---|---|
| 15-24 ans | 21,6 | 21,2 | 22,2 |
| 25-49 ans | 7,5 | 7,5 | 7,5 |
| 50 ans ou plus | 5,5 | 5,9 | 5,0 |
| Ensemble | 8,3 | 8,5 | 8,2 |
Un jeune actif sur cinq est au chômage, contre environ un actif sur dix-huit chez les 50 ans et plus. Le taux des jeunes reste élevé mais concerne une population active réduite (beaucoup sont encore en études).
Source : Insee, Informations rapides n° 192, 7 août 2026.
Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle
2025, actifs ayant déjà travaillé (dernier emploi occupé)
Le taux de chômage des ouvriers peu qualifiés (17,1 %) est environ 4 fois supérieur à celui des cadres (4,0 %) — un écart stable depuis 40 ans.
Source : Insee, « Inégalités face au chômage », Emploi, chômage, revenus du travail, édition 2026 (données enquête Emploi 2025).
Par niveau de diplôme
2025
Source : Insee, Emploi, chômage, revenus du travail, édition 2026.
Taux de chômage par région
T2 2026, données CVS
Écart de plus de 3 points entre les Hauts-de-France (10,0 %) et la Bretagne / Pays de la Loire (6,8 %) en métropole. Les DROM affichent des taux nettement plus élevés (Guyane 20,4 %, Guadeloupe 16,4 %).
Source : Insee, Taux de chômage localisés au 2ᵉ trimestre 2026, publié le 18 septembre 2026.
Détail régions et DROM
T2 2026 vs T1 2026 vs T2 2025, en %
Source : Insee, Taux de chômage localisés (données CVS), 18 septembre 2026.
Rural, périurbain, urbain
Illustrations régionales, Insee Analyses (dernières études disponibles)
Il n'existe pas de taux national unique publié par densité de commune : l'Insee documente l'écart via des études régionales. Partout où elles existent, le chômage est plus faible dans le rural que dans l'urbain dense.
Sources : Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 77 ; Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur n° 22.
Ce que montrent les études Insee
- Auvergne-Rhône-Alpes : 9 % dans le rural contre 13 % dans l'urbain.
- Provence-Alpes-Côte d'Azur : 11 % dans le rural contre 16 % dans les communes urbaines denses.
- Centre-Val de Loire : dans le rural, le chômage touche un peu plus les femmes (7,1 %) que les hommes (6,7 %) — l'inverse en zone urbaine (9,5 % vs 9,7 %). Le rural non périurbain (éloigné des pôles d'emploi) est nettement plus touché que le rural périurbain.
- Zones urbaines sensibles (ZUS), dernière mesure disponible : taux 2,5 fois plus élevé (≈23 %) que dans le reste des villes concernées (≈9 %), avec plus de 40 % chez les 15-24 ans en ZUS.
Le rural attire aussi des actifs plus âgés et moins souvent cadres ; les jeunes ruraux partent davantage vers les villes pour l'emploi, ce qui mécaniquement abaisse le taux de chômage mesuré en zone rurale.
Sources : Insee Analyses Centre-Val de Loire n° 139 ; Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 77 ; ONZUS, rapport 2014 (données ZUS 2013, dernière mesure publiée à ce niveau de détail).
Chômage selon l'origine migratoire
2025, personnes de 15-64 ans
Champ Insee : « immigrés » = nés étrangers à l'étranger ; « descendants d'immigrés » = nés en France d'au moins un parent immigré ; « sans ascendance migratoire » = ni l'un ni l'autre.
Source : Insee, Inactivité, chômage et emploi des immigrés et des descendants d'immigrés par origine géographique, données annuelles 2025, publié le 22 juin 2026.
Immigrés — détail par origine géographique
2025, taux de chômage en %
Source : Insee, enquête Emploi, données 2025 (22 juin 2026).
Descendants d'immigrés — détail
2025, taux de chômage en %
Chez les descendants d'immigrés nés en France, le taux de chômage des origines africaines (16,1 %) reste très supérieur à celui des origines européennes (6,7 %), malgré la naissance en France.
Source : Insee, enquête Emploi, données 2025 (22 juin 2026).
Évolution sur 10 ans
Moyennes annuelles, France, données Insee (enquête Emploi)
Recul quasi continu de 2016 à 2022 (-2,8 pt), stabilité 2022-2024, puis remontée depuis 2025. 2026 = moyenne des deux premiers trimestres disponibles (données provisoires). Les lignes verticales pointillées repèrent des événements majeurs de la période (détail ci-dessous).
Covid-19
USA / Iran
Guerre en Ukraine
Iran-Israël / USA
Source : Insee, enquête Emploi, séries longues (moyennes calculées à partir des taux trimestriels CVS publiés).
Repères historiques
10,5 %
Pic mi-2015
7,3 %
Point bas 2022
8,3 %
Niveau actuel T2 2026
7,4 %
Niveau 2008 (avant crise)
Les valeurs 2020 et 2023 pour les 15-24 ans sont partiellement reconstituées à partir des variations annuelles publiées par l'Insee (années sans moyenne annuelle détaillée par âge encore diffusée) ; toutes les autres séries proviennent directement des publications Insee.
Contexte : événements marquants 2016-2026
Repères factuels, à titre d'information
2020Covid-19 — confinements
Trois confinements nationaux (mars-mai 2020, oct.-déc. 2020, avril-mai 2021). L'enquête Emploi note un recul « en trompe-l'œil » du chômage mesuré au T2 2020 : les démarches de recherche active d'emploi étant limitées par les restrictions, une partie des personnes sans emploi basculent statistiquement dans le « halo » plutôt que dans le chômage BIT.
2020Tensions USA-Iran
Frappe américaine ayant tué le général iranien Ghassem Soleimani (3 janvier 2020), suivie d'un pic de tensions régionales au Moyen-Orient.
2022Guerre en Ukraine
Invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022, faisant suite au conflit du Donbass et à l'annexion de la Crimée engagés en 2014. S'ensuit une flambée des prix de l'énergie en Europe.
2025Conflit Iran-Israël / frappes américaines
Échanges de frappes entre Israël et l'Iran puis frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens (juin 2025), dans un contexte de confrontation régionale accrue.
Ces repères sont fournis à titre purement informatif sur le contexte sanitaire et géopolitique de la période : leur présence sur le graphique ne signifie pas un lien de causalité direct et démontré avec l'évolution du taux de chômage français, qui dépend de multiples facteurs économiques internes (démographie, politiques de l'emploi, conjoncture sectorielle, etc.).
Pénurie de compétences ou secteurs en repli ?
Deux phénomènes coexistent en 2025-2026, à ne pas confondre
43,8 % des projets de recrutement sont jugés « difficiles » par les employeurs (enquête BMO, France Travail) — en même temps que le chômage augmente. Ce n'est donc pas un simple manque de postes : le déséquilibre est concentré sur des métiers précis (BTP, santé, aide à domicile, transport, numérique), pour des raisons de conditions de travail, de rémunération, de démographie (départs en retraite) et de formation — pas seulement de niveau de qualification.
Source : France Travail, enquête Besoins en Main-d'Œuvre (BMO) 2025-2026.
À l'inverse : des secteurs en réelle contraction
Là, la baisse de l'emploi n'est pas liée à un manque de main-d'œuvre qualifiée
-40 800
Emplois salariés privés détruits en 2025 (Dares)
43 mois
Contraction continue du PMI construction
546
Plans de sauvegarde de l'emploi recensés (sept. 2023 - mars 2026)
75 %
de ces plans concernent l'industrie
Construction : coût du crédit, effondrement du logement neuf — pas un déficit de candidats. Industrie (chimie, métallurgie, agroalimentaire, emballage) : concurrence internationale, coûts de l'énergie, demande atone. Ces deux secteurs illustrent un chômage plutôt « conjoncturel », distinct des métiers en tension ci-dessus.
Sources : Dares, Note de conjoncture emploi salarié, 30 janvier 2026 · CGT, recensement des plans de sauvegarde de l'emploi, mars 2026 · HCOB/S&P Global, PMI construction France.
Autres facteurs macroéconomiques corrélés
Au-delà des événements géopolitiques — corrélation, pas nécessairement causalité isolée et quantifiée
Ralentissement de la croissance française
Croissance du PIB passée de 1,1 % (2024) à 0,8 % (2025), attendue autour de 1,0 % en 2026. Effort budgétaire engagé par l'État : environ 35 Md€ d'économies visées en 2026, 100 Md€ d'ici 2029 — un frein mécanique à l'activité et à l'emploi public et privé selon plusieurs économistes auditionnés à l'Assemblée nationale.
Droits de douane américains
Taux tarifaire moyen des États-Unis relevé de 2,4 % à 9,6 % en 2025-2026, touchant des filières françaises d'excellence (agroalimentaire, vins et spiritueux, cosmétiques, aéronautique, luxe) et leurs sous-traitants. Impact estimé par la Direction du Trésor : environ -0,3 % de PIB en zone euro en année pleine ; la France serait relativement moins exposée que l'Allemagne.
Réforme de l'assurance chômage / loi France Travail
Durcissement progressif depuis 2025 (conditions d'ouverture de droits, contrôles et sanctions renforcés, loi n° 2025-1290 du 18 décembre 2025 entrée en vigueur en janvier 2026). Point de méthode important : les inscriptions à France Travail (catégorie A, +5,6 % sur un an selon la Dares, janvier 2026) et le taux de chômage BIT (mesuré par l'enquête Emploi, onglets précédents) sont deux indicateurs différents qui peuvent évoluer à des rythmes distincts — un durcissement des contrôles peut faire varier les inscriptions administratives sans que cela reflète mécaniquement le même mouvement au sens BIT.
À ce jour, aucun élément ne signale de crise financière majeure en 2025-2026 comparable à 2008 : ce facteur ne ressort pas des sources consultées pour la période récente.
Sources : Insee et Direction générale du Trésor, prévisions de croissance 2025-2026 · Assemblée nationale, comptes rendus de commission des finances · Dares, note de conjoncture, janvier 2026 · Légifrance, loi n° 2025-1290 du 18 décembre 2025.
Immigration et chômage : ce que dit la recherche
Distinguer un constat descriptif d'un lien de causalité
Deux questions différentes sont souvent confondues dans le débat public :
- Question 1 — Pourquoi le taux de chômage mesuré est-il plus élevé chez les personnes immigrées ? (12,4 % contre 6,5 % pour les personnes sans ascendance migratoire, voir l'onglet Nationalité). L'Insee et l'OCDE expliquent cet écart en grande partie par la structure de la population immigrée en France : niveau de diplôme en moyenne plus faible, composition des flux (poids important de l'immigration familiale par rapport à l'immigration économique qualifiée), âge, et des difficultés d'insertion documentées (reconnaissance des diplômes et de l'expérience acquise à l'étranger, discrimination à l'embauche mesurée par des études de testing).
- Question 2 — L'immigration fait-elle augmenter le chômage national dans son ensemble ? C'est une question distincte, étudiée par la recherche économique. Une revue de littérature de France Stratégie (commandée par l'Assemblée nationale) conclut que l'impact global de l'immigration sur le marché du travail français « n'apparaît pas de grande ampleur ». Des travaux d'économistes comme Hippolyte d'Albis, Ekrame Boubtane et Dramane Coulibaly, ainsi que la synthèse du Musée national de l'histoire de l'immigration, indiquent un effet globalement limité et variable selon la qualification : plutôt neutre à légèrement positif pour les travailleurs natifs aux compétences complémentaires, potentiellement négatif à court terme pour ceux directement en concurrence sur les mêmes postes. Un piège méthodologique classique est aussi signalé : les immigrés s'installent davantage dans les régions où l'emploi est déjà plus dynamique, ce qui peut créer une corrélation trompeuse (immigration élevée / chômage bas localement) sans que ce soit une relation de cause à effet.
D'autres organismes, dont la Fondation IFRAP et l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, mettent davantage l'accent sur la composition des flux migratoires (part de l'immigration familiale peu qualifiée) pour expliquer les écarts de taux d'emploi, et plaident pour une politique migratoire plus sélective par niveau de qualification. Ce tableau de bord rapporte ces différentes lectures sans trancher : il s'agit d'un sujet de recherche économique actif, pas d'un fait unique et consensuel sur tous ses aspects.
Sources : France Stratégie, revue de littérature pour l'Assemblée nationale, 2026 · Musée national de l'histoire de l'immigration (Palais de la Porte Dorée) · d'Albis, Boubtane, Coulibaly (2019) · Insee, Stratégie pour l'emploi de l'OCDE · Fondation IFRAP · Observatoire de l'immigration et de la démographie.